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Les pucerons sur vos plantes d’intérieur et au jardin

Qu’est-ce qu’un puceron ?

Les pucerons font partie des ravageurs les plus fréquents sur les plantes d’intérieur, les semis, les plantes tropicales et au jardin. Ce sont de petits insectes à corps mou qui forment rapidement de grandes colonies, se nourrissant de la sève et affaiblissant les plantes.

Les infestations apparaissent souvent au printemps ou après l’introduction d’une nouvelle plante, mais elles peuvent se produire à tout moment en intérieur.

Dommages de pucerons sur Ipomoea batatas
colonie de pucerons jaunes sur une branche de plante d'intérieur

Les mues de pucerons : ces petites peaux blanches laissées derrière révèlent une colonie qui grandit vite — un signe précoce à surveiller.

Colonie de pucerons regroupée sur une pousse tendre : c’est là qu’ils s’installent en premier pour aspirer la sève.

Biologie des pucerons

Les pucerons appartiennent à la famille des Aphididae, qui compte plus de 5000 espèces dans le monde. Au Québec, plusieurs espèces sont courantes dans nos maisons et nos jardins, notamment :

  • Puceron vert du pêcher (Myzus persicae)

  • Puceron du melon (Aphis gossypii)

  • Pucerons noirs du haricot et du rosier

  • Pucerons jaunes tropicaux fréquents sur les plantes d’intérieur

Morphologie

  • Taille : 1 à 3 mm

  • Corps : mou, en forme de poire

  • Antennes : longues

  • Variations de couleur : vert, jaune, noir, rouge, brun, selon l’espèce et la plante hôte

  • Présence de cornicules : deux petits tubes à l’arrière du corps, typiques des pucerons

  • Certains individus ont des ailes, d’autres non

3 choses à savoir sur les pucerons

un puceron qui se reproduit par parthénogénèse

Une femelle puceron en pleine parthénogenèse : pas besoin de mâle, elle donne naissance à des clones tout l’été.

Cycle de vie et reproduction

Les pucerons ont l’un des cycles de reproduction les plus rapides du règne insecte.

Reproduction par parthénogenèse (clonage)

Au printemps et en été :

  • Les femelles mettent bas des jeunes vivants, sans accouplement.

  • Une seule femelle peut produire 40 à 100 descendants en peu de temps.

  • Résultat : croissance exponentielle des populations.

Forme ailée

Lorsque la colonie devient trop dense :

  • Les femelles produisent des nymphes ailées.

  • Ces individus s’envolent pour coloniser d’autres plantes, parfois dans toute la maison.

  • Ce stade est souvent détecté par les pièges collants jaunes.

Reproduction sexuée

En automne (plutôt en extérieur) :

  • Les pucerons produisent des individus mâles et femelles.

  • Les femelles fertilisées pondent des œufs résistants au froid, qui survivent à l’hiver.

Durée de vie

De 2 à 4 semaines en moyenne, mais une femelle peut créer plusieurs générations avant de mourir.

 Colonies de pucerons verts sur tige de plant de piment
Feuille déformée et collante à cause des pucerons

Dommages causés par les pucerons : feuilles gondolées, enroulées et collantes, typiques d’une forte colonie installée.

Pourquoi les pucerons affaiblissent-ils les plantes ?

Les pucerons piquent les tissus végétaux pour aspirer la sève riche en sucres.
Conséquences :

• Déformations et ralentissement de croissance

Les jeunes pousses tordent, jaunissent ou se recroquevillent.

• Miellat et fumagine

Ils rejettent un liquide sucré (miellat) qui :

  • attire les fourmis,

  • fait coller les feuilles,

  • favorise la fumagine : un champignon noir qui bloque la photosynthèse.

• Transmission de virus

Certaines espèces transmettent des virus végétaux, surtout :

  • piments

  • tomates

  • cucurbitacées

  • rosiers

  • plantes d’intérieur sensibles

Comment reconnaître les pucerons ? (Identification)

Les pucerons se trouvent souvent :

  • sur les tiges tendres

  • le dessous des feuilles

  • les nouvelles pousses

  • autour des bourgeons floraux

Signes visuels

  • Groupes de petits insectes immobiles ou peu mobiles

  • Couleurs variées selon l’espèce

  • Présence de petits insectes ailés en cas de surpopulation

  • Petites pellicules blanches (peaux mortes)

Signes indirects

  • Feuilles collantes

  • Sol collant

  • Fourmis fréquentant la plante

  • Feuilles déformées ou recroquevillées

  • Tiges poisseuses

Symptômes d’infestation (dommages)

Symptômes précoces

  • Quelques pucerons sous les feuilles

  • Jeunes pousses légèrement tordues

  • Apparition de miellat

Symptômes modérés

  • Colonies visibles sur plusieurs feuilles

  • Feuilles jaunissantes ou enroulées

  • Développement ralenti

Symptômes graves

  • Feuilles qui tombent

  • Plante affaiblie ou rabougrie

  • Fumagine noire sur la plante

  • Présence de fourmis nombreuses

  • Risque accru de transmission virale

Comportement et dispersion

Les pucerons ailés : premiers signes de propagation

Ils apparaissent lorsque :

  • la colonie devient trop dense,

  • la plante est affaiblie,

  • ou que l’environnement change (chaleur, manque d’espace).

Ces pucerons ailés colonisent :

  • les plantes voisines,

  • les nouvelles pousses,

  • parfois plusieurs pièces.

Les fourmis protègent les pucerons

En échange du miellat, les fourmis :

  • défendent les pucerons contre les prédateurs,

  • transportent parfois des individus d’une plante à une autre.

Fourmi protégant une colonie de pucerons pour récolter le miellat

Une fourmi qui “élève” ses pucerons : elle les protège en échange du miellat sucré qu’ils produisent.

Facteurs qui favorisent les infestations

  • Excès d’engrais azoté (pousses trop tendres)

  • Plantes nouvellement achetées non isolées

  • Absence d’inspection régulière

  • Manque de prédateurs naturels en environnement intérieur

Dépistage et prévention

1) Observation régulière

Inspectez :

  • le dessous des feuilles,

  • les tiges tendres,

  • les nouvelles pousses,
    1 à 2 fois par semaine.

2) Pièges collants jaunes

Ils permettent de détecter :

  • les pucerons ailés,

  • les premiers vols migratoires,
    donc d’intervenir plus tôt.

3) Isolement des nouvelles plantes

Isolez toute nouvelle plante pendant 5 à 7 jours.

4) Équilibre nutritionnel

Évitez les excès d’engrais qui stimulent des pousses trop attirantes pour les pucerons.

Lutte biologique et équilibres naturels 

Les auxiliaires naturels les plus efficaces contre les pucerons :

  • Chrysopes vertes (larves)

  • Coccinelles (extérieur)

  • Syrphes

  • Guêpes parasitoïdes (Aphidius spp.)

👉 Les solutions concrètes (savon, rinçage, chrysopes) sont expliquées en détail dans l’article de blog .

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